Rééducations - apic06

Les rééducations:

C'est l’orthophoniste, après bilan approfondi et chiffré, qui étudiera sa compréhension, notamment sa compréhension verbale ainsi que son expression et les moyens qu’il utilise pour se faire comprendre s’il ne parvient pas à bien parler (gestes, mimiques, dessins...).

L’orthophoniste évaluera aussi le décalage par rapport aux autres enfants. 

Lors de cette rencontre, l’orthophoniste doit vérifier la présence d’anomalies spécifiques à la dysphasie de développement : l’enfant ne retrouve pas un mot qu’il connaît pourtant (manque du mot), il n’utilise pas ou peu les petits mots comme les articles (un, des, la, les...) et les prépositions (sur, avec, par, pour, en, à...) dans ses phrases, il juxtapose les mots sans conjuguer les verbes(agrammatisme ou dyssyntaxie), il comprend difficilement voire pas du tout ce qu’on lui dit (trouble de la compréhension verbale), il parle peu et pas facilement.

 

La rééducation

L’orthophoniste est le principal acteur pour la rééducation de l'enfant dysphasique, à raison de deux à trois fois par semaine. La rééducation portera d'abord sur les deux versants du langage oral dans un premier temps mais aussi le langage écrit et la compréhension. 

Pour votre enfant, l’orthophoniste pourra :

 

  • développer ses compétences auditivo-verbales de l’enfant (capacité, distinction des différents sons de la langue grâce à des aides spécifiques, conscience phonologique), ses compétences lexicales (compréhension du vocabulaire) ainsi que ses compétences syntaxiques (comprendre la phrase avec les petits mots : qui, ou, où, dont...)
  • sur le versant de l’expression, mettre en place un code de communication (pictogrammes, mimogestualité), surtout si votre enfant ne parle pas encore, lui permettant d’exprimer ses besoins, ses désirs, ses sentiments
  • travailler la conscience phonologique (segmentation des mots, rimes par exemple)
  • proposer des activités ayant trait à la syntaxe pour bien placer les mots dans des phrases simples (sujet+verbe), puis de plus en plus complexes (sujet+verbe+complément)
  • proposer des activités facilitant l’articulation

 

Conseils pour les parents :

Il faut s’appuyer sur les forces de l’enfant ou de l’adolescent : le désir de communiquer et le sens aigu de l’observation. Et d’ailleurs, dans la vie, on s’appuie sur ses points forts et pas sur ses points faibles.

- Pour mettre toutes les chances de votre côté, n’hésitez pas, pour vous faire mieux comprendre, à : capter son attention dans des moments privilégiés, vous mettre physiquement à la hauteur de son regard et vous assurer qu’il vous regarde quand vous lui parlez.

- N’hésitez pas à joindre le geste à la parole.

- Parlez lentement et utilisez des phrases courtes et simples, répétez ou reformulez s’il n’a pas bien compris.

- Encouragez les récits, lui donner envie de raconter.

- En raison de l’hypo spontanéité verbale, il parle peu ou il parle beaucoup mais de façon incorrecte ou peu adaptée. Il faut donc l’inciter, l’encourager à parler. Laissez-lui le temps de trouver ses mots, ne l’interrompez pas et évitez de souligner ses erreurs pour ne pas le décourager. Vous devez vous intéresser à ce qu’il dit, et non à la façon dont il le dit. Ne pas lui demander de répéter mais néanmoins, reformulez systématiquement correctement les phrases qu’il a mal prononcées.

- Il faut également lui apprendre à se manifester lorsqu’il ne comprend pas, c’est d’ailleurs essentiel en classe. Mais encore faut-il qu’il se rende compte qu’il ne comprend pas, c’est toute la difficulté.

- Il faut développer ses compétences auditivo-verbales : lui montrer qu’un mot est constitué de plusieurs sons par exemple.

- Choisissez des jeux où il rangera des images par catégories ou encore des jeux, sur supports visuels, sur la recherche des points communs et des différences (vêtements, animaux, …). Puis passer au même exercice mais par la voix verbale.

- D’autres jeux intéressants consistent à dire si le mot qu’il entend existe ou non, ou choisir parmi une liste de mots, le mot correspondant à un dessin donné, ou encore trouver un intrus dans une liste de mots, etc...  Ou encore, lors d’un voyage en voiture, lui proposer de nommer les objets qu’il voit.

- Lui proposer également des exercices simples, toujours sous forme de jeux, sur la forme des phrases où il dira si cela est correct ou pas, ex : « il pleut, je prends mes lunettes de soleil », « le chien la pâté mange », « maman pose le saladier dans la table ».

- Penser aussi à favoriser l’enrichissement du vocabulaire grâce à des jeux de devinettes, de mimes...

- Et il faut, à chaque fois que l’occasion se présente, développer ses capacités de jugement.

- Si votre enfant ne parle pas encore, ne pas hésiter à mettre en place des pictogrammes, l’objectif étant de se faire comprendre pour garder, développer son appétence à communiquer. Ces moyens de communication non verbaux ne vont en aucun cas empêcher la mise en place du langage oral mais au contraire la faciliter.

- L'apprentissage du langage écrit peut aider à la production du langage oral. L'utilisation du traitement de texte est intéressante. Ne pas hésiter à le passer sur ordinateur tôt (CP, voire même avant).

- Petit à petit, il faudra lui apprendre à respecter les tours de parole, à tenir une conversation, à proposer un sujet de conversation, à s’adapter aux différents interlocuteurs, etc..., ce qui ne sera pas simple non plus.

- A l’adolescence, il faudra l’entraîner la compréhension écrite des textes, par exemple : à organiser et stocker des indices, à repérer les référents, à faire des déductions sur les éléments manquants, à se représenter mentalement ce qu’il lit puis viser la compréhension des notions grammaticales et la structuration des récits écrits.

- Il est essentiel de favoriser l’accès au sens figuré, aux mots présentant plusieurs sens, à la compréhension de l’implicite, à la compréhension de l’humour et apprendre à ajuster son langage à son interlocuteur.

Enfin, Réviser régulièrement les acquis et les réinvestir dans d’autres situations. 

Une attention particulière doit être portée pour minimiser les difficultés relationnelles de votre enfant, il est important de favoriser sa socialisation et son autonomie. Dès son plus jeune âge, il faut l’aider à prendre confiance en ses possibilités et à les développer.

Il faut l’aider à trouver des méthodes qui l’aideront à mémoriser, s’organiser.

S’il est fatigué en rentrant à la maison, laissez tomber les devoirs. 

Et surtout, il faut l’encourager dans des activités de loisirs dans les domaines qui l’intéressent.