Scolarité - apic06

Pour l’école.

Il faut s’appuyer sur les points forts de l’enfant et ne pas insister sur ses points faibles. C’est principalement l’orthophoniste qui travaillera les points faibles. L’enfant doit être en réussite pour continuer à déplacer des montagnes. Toute l’attention doit être portée sur l’image qui est renvoyée à l’enfant de lui-même, tant à l’oral qu’à l’écrit (commentaires, remarques, réflexions et corrections).

 

Les recommandations qui suivent ne proposent que des généralités parce que chaque enfant dysphasique est différent mais si leur profil est commun.

En classe, il ne faut pas hésiter à essayer et observer les résultats en n’oubliant pas de lui demander ce qu’il en pense.

Echanger très régulièrement avec les parents sur les progrès ou difficultés de l’enfant et sur son ressenti.

Ne pas hésiter à échanger et collaborer avec l’orthophoniste ou autres rééducateurs.

S’appuyer toujours sur sa motivation et sa volonté de communication.

 

A la maternelle

Choisir la place dans la classe: de préférence proche de l’enseignant mais pas forcément devant, dans une proximité qui sécurise et favorise une meilleure discrimination des sons; éloigné de sources de bruit et de déconcentration (un voisin bruyant, fenêtre, porte).

Bien définir les règles et ce qui est attendu et bien préciser quand cela change.

Eviter la fatigue et le découragement, ne pas hésiter à l’aider ; l’objectif est qu’il progresse dans ses apprentissages et non qu’il s’épuise.

Prévoir des activités de courte durée et lui laisser le temps d’effectuer une tâche.

Toujours pointer ses progrès, mêmes minimes.

Quel que soit le support de communication, il faudra d’abord et avant tout le sécuriser.

Capter l’attention de l’enfant en l’appelant par son prénom ou en le touchant, adapter la façon de parler au niveau de langage de l’enfant.

Parler lentement, faire des phrases courtes, simples, avec peu de mots et en mettant l’intonation.

Utiliser des gestes, des dessins et inciter l’enfant à s’exprimer de cette façon.

Associer le message verbal à des objets, des actions et des évènements précis et accompagner les explications de démonstrations.

L’aider à retrouver le mot recherché en donnant des indices

Repérer quand il n’a pas compris et l’aider à le dire.

Lui laisser le temps de trouver ses mots, ne pas l’interrompre.

Ne pas lui demander de répéter de façon correcte mais redire correctement ce qu’il veut dire.

Ne donner qu’une consigne à la fois, vérifier la compréhension, reformuler différemment ou lui faire reformuler avec ses mots.

L’aider au repérage dans le temps en utilisant un emploi du temps pour visualiser les activités à l’aide de pictogrammes.

Pas de redoublement en maternelle, même s’il semble en retard, il est toujours plus loin que vous ne pensez.

Utiliser l’ordinateur dès que possible et tous les supports non oraux car ils l’aideront à améliorer son langage oral.

Dans tous les cas, accompagner la famille pour la mise en place d’un Projet Personnalisé de Scolarisation (PPS) qui formalisera tous les aménagements spécifiques à l’enfant et mettra tous les intervenants au courant des troubles et de leurs répercussions.

 

En élémentaire

Si le Projet Personnalisé de Scolarisation n’est pas mis en place, il ne faut vraiment plus tarder.

Même si tous les points ci-dessus restent importants, il faut porter une attention particulière à l’écrit  car la dysphasie s’accompagne très souvent de dyslexie et dysorthographie.

- Si l’enfant est d’accord, expliquer son trouble de dysphasie aux autres élèves pour éviter moqueries ou jalousies.

- Ne pas l’isoler l’enfant, seul sur un bureau, en classe. Choisir de l’asseoir à côté d’un élève volontaire et de bon niveau pour l’aider. Mettre éventuellement un tutorat en place avec cet élève.

- Inciter la famille à faire une demande d’AESH Individualisée (Accompagnant des Elèves en Situation de Handicap) dans le cadre du PPS, en spécifiant les besoins d’accompagnement par cette AESH (lire les consignes, réexpliquer ces consignes, aide à tous les stades des exercices).

- Toujours vérifier qu’il a bien copié et qu’il suit en cours.

- Ne pas dicter un texte. Si nécessaire, le lui fournir sous forme photocopie.

- Faire un effort sur les repères dans les pages : l’aider à souligner, sauter des lignes, créer des marges ou faire pour lui.

- Lui donner plus de temps dans la transcription écrite, pour une relecture (besoin de 2 à 3 fois plus de temps). Lui permettre d’utiliser constamment les tables sur dos des cahiers Seyes ou les lui préparer sous forme de tableau de Pythagore, lui laisser l’accès aux définitions de mots souvent employés dans les consignes, des synonymes.

- Répondre à ses questions, même celles qui paraissent «Hors sujet»: elles sont dans sa logique et la réponse peut lui permettre de rentrer dans le sujet.

- Pas de poésies longues et compliquées, éventuellement choisir un passage.

- Mesurer et limiter les interrogations orales. L’enfant dysphasique ne doit jamais se retrouver en difficulté devant les autres élèves sur le langage oral.

- Pas de devoirs du jour pour le lendemain et comprendre que s’il est fatigué le soir, les devoirs ne seront pas réalisés.

- Ne pas faire recopier 10 fois le même mot ou texte, inefficace pour eux. Eviter les punitions.

- Reformuler les énoncés puis les simplifier.

 

Pour l’évaluation

- Utiliser des questionnaires à choix multiples.

- Utiliser des textes à trous pour vérifier les acquis.

- Noter le fond plutôt que la forme, privilégier le sens.

- Ne pas oublier de donner du temps supplémentaire ou d’enlever des questions.

- Compter le nombre de d’erreurs ou de bonnes réponses plutôt que d’enlever un point par erreur.

- Ne pas pénaliser les erreurs d’orthographe en général.

- Pour les dictées, utiliser les dictées à trous et à choix multiples, d’autant qu’il bénéficiera de cet aménagement pour le Brevet.

- Pour chaque écrit, distinguer les erreurs de grammaire et d’orthographe des erreurs de reproduction.

- Ne pas pénaliser les ratures et/ou une présentation brouillonne.

- Pas de redoublement sauf ciblé particulièrement sur des points à améliorer mais attention au découragement et à la perte d’estime de soi souvent rencontrés chez ces enfants.

 

Au collège et au lycée

Maintient des points précédemment cités et prise en compte de la nouvelle problématique : plusieurs professeurs, des salles différentes, des classes chargées ; il faut faire des synthèses, imaginer, conceptualiser...

Le Projet Personnalisé de Scolarisation est impératif. L’AESH et le temps supplémentaire sont indispensables pour permettre à l’enfant de suivre.

L’ordinateur est indispensable.

Le collège est la partie du cursus scolaire qui sera la plus difficile. Il faut veiller à ne pas exclure l’enfant, surveiller le risque de repli sur soi, consécutifs aux difficultés importantes d’apprentissage créées par la dysphasie.

 

- Préférer les classes à effectif réduit (bruit, attention, temps à leur consacrer).

- Encourager et valoriser l’enfant le plus souvent possible.

- Ecrire au tableau les mots importants du cours, lui donner le temps de les recopier ou les lui fournir sur photocopie. De la même façon pour les devoirs à faire.

- Lui remettre des documents écrits (cours, etc, …) pour lui permettre de rentrer chez lui avec les mêmes données que les autres élèves. Ne pas photocopier le cahier d’un autre élève et ne pas demander à l’enfant de le faire sur son temps libre. Proposer des fiches résumées avec des exemples clairs, des illustrations.

- Utilisation de la calculatrice et des fiches mémoire avec les définitions principales des termes en mathématiques ainsi que les fiches de conjugaison, même pendant les contrôles.

- Mettre en place avec lui des méthodes pour mémoriser, s’organiser (couleurs, surlignage,...)

- Donner de manière anticipée les sujets qui seront abordés dans l’année de façon à ce que la famille puisse orienter les lectures, films, visites.

- Pour les consignes, choisir des mots simples, souligner les mots clés, éviter les phrases à double question ou les doubles négations.

- Pour les contrôles, toujours vérifier sa compréhension, accorder un temps supplémentaire ou réduire les questions sauf en troisième parce qu’il est déjà en examen pour le Brevet (évaluation continue) dès le premier jour de la troisième et lors du Brevet, il n’y a pas de réduction des exercices mais un temps supplémentaire.

- Faire les interrogations à l’oral ou à l’écrit, selon les difficultés de l’enfant.

- Ne pas exiger systématiquement la rédaction d’une phrase de réponse à la fin des exercices de mathématiques.

- Quand un mot lui manque lors d’une interrogation, penser qu’il peut s’agir d’un problème de mémorisation et cesser d’imaginer qu’il s’agit d’un manque de travail.

- Réduire le nombre de devoirs à la maison ou les répartir ; il passe 2 à 3 fois plus de temps et son emploi du temps est souvent chargé en rééducation. Ne pas pénaliser en cas de retard pour la remise d’un devoir.

Attention sur les bulletins de notes. Il faut de l’objectivité mais avec des phrases encourageantes. Personne n’est en mesure de quantifier les efforts supplémentaires qu’il fournit pour chacun des exercices et c’est très injuste.

Partager avec l’équipe d’enseignants pour favoriser la généralisation des apprentissages : l’enfant apprendra mieux en faisant référence à d’autres acquis ; échanger les bonnes pratiques.