Diagnostic - apic06

Le diagnostic est pluridisciplinaire, il nécessite un bilan d’orthophonie, un WISC4, un bilan d’orthoptie, un bilan de psychomotricité et un bilan d’ergothérapie. Ce diagnostic est posé par un neuro pédiatre. L’enfant doit toujours être évalué par rapport à un enfant du même âge. 

A savoir : les grands prématurés présentent d'avantage de risques d'être dyspraxiques que d'autres.

 

Quʼest-ce quʼune praxie ?

 

Il s’agit d’un geste qui est le résultat dʼune coordination motrice volontaire (non spontanée) issue dʼun apprentissage ; par exemple, le laçage des chaussures, couper la viande, utiliser une fourchette sont gestes appris et culturels. Ils deviennent automatiques. On ne réfléchit plus lorsque l’on met son manteau, lorsque l’on ouvre une porte.

 

Pour un enfant dyspraxique, cet automatisme est défaillant ou inexistant, il doit donc penser chaque détail.  

Mais aussi, toute praxie spécifique demande une conceptualisation de la tâche, et une planification de cette tâche.

 

Or, les enfants dyspraxiques sont en défaut d’organisation et de planification. Ils seront donc lents dans leurs réalisations en raison de leurs difficultés pour percevoir, traiter les informations perçues par les sens, organiser et planifier leur geste. Et malgré leurs efforts, leur geste sera souvent peu harmonieux.

 

De la même façon, ils n’anticipent pas. Debout dans un bus par exemple, lors d’un virage, ce sont les enfants dyspraxiques qui tomberont ; les autres se seront penchés pour anticiper ce virage.  

 

Cette difficulté à organiser la coordination de gestes volontaires peut se décrire comme suit :

A table, lorsque vous voulez boire, vous attraperez la bouteille d’eau, de façon automatique, et vous vous servirez un verre. Vous n'y pensez même pas.

L’enfant dyspraxique, lui, doit regarder la bouteille pour ajuster l’envoi de sa main, ouvrir plus ou moins sa « pince » selon que la bouteille est petite ou grosse, serrer plus ou moins selon qu’elle est plastique ou en verre, mettre plus ou moins de force, selon qu’elle est plaine ou vide, etc… Quant au bouchon, visser dévisser, ce n'est pas gagné.

Tous ces gestes, une personne non dyspraxique n’y portera pas d’attention particulière car ils sont automatiques. L’enfant dyspraxique, lui, devra au contraire y faire particulièrement attention s’il ne veut pas renverser la bouteille.

Et il en est ainsi de chaque geste.

 

En plus, cet enfant pourra être capable de se verser de lʼeau proprement un jour, et incapable de recommencer le même jour un peu plus tard. Les résultats de ses gestes sont fluctuants car ils dépendent aussi de sa fatigue du moment.

 

Les signes qui doivent interroger, en particulier lorsqu’ils sont petits :

  • Une maladresse fréquente: il peut renverser, casser, faire tomber ce quʼil touche, ce quʼil frôle
  • Une grande lenteur pour des actes simples
  • Une aide nécessaire à l’habillage : chaussettes, lacets
  • Des difficultés pour s’essuyer après la passage aux toilettes
  • Il va toujours aux toilettes au dernier moment, a du mal à «se retenir»
  • Ses sensations (de froid, de chaud, de douleur,…) peuvent être amoindries
  • Il nʼaime pas jouer aux legos, aux puzzles, au mécano et à tous les jeux de constructions,…
  • L’apprentissage du vélo sans roulettes est tardif
  • Se déplace en ligne droite quels que soient les obstacles

 

Les signes qui doivent interroger, en particulier lorsqu’ils sont plus grands :

  • Une maladresse fréquente qui perdure: il peut renverser, casser, faire tomber ce quʼil touche, ce quʼil frôle
  • Une grande lenteur qui perdure
  • Il découpe toujours mal, ses dessins paraissent immatures
  • Il a du mal à poser les opérations et préfère le calcul en ligne
  • Il ne serre pas suffisamment ses lacets
  • Il oublie de se laver les parties non visibles : sous les bras, la nuque..
  • Il a du mal à retrouver ses affaires, à ranger, à s'organiser
  • Ses sensations (de froid, de chaud, de douleur,…) peuvent être amoindries : lʼentourage est parfois obligé dʼindiquer sʼil est nécessaire dʼenlever son pull ou de mettre un manteau 

 

La pose d’un diagnostic permet enfin de mettre des mots précis sur des difficultés que vous remarquiez sans pouvoir les cerner. Pour arriver jusque-là, nous savons que vous avez déjà entamé un parcours du combattant, mais ce n'est encore que le début. Enfin, les aides et rééducations adéquates vont pouvoir se mettre en place.

 

Les troubles rencontrés par votre enfant, suivant son degré de dyspraxie et la présence éventuelle dʼautres handicaps associés, vont demander aides et adaptations pendant plusieurs années.

 

Il s'agit maintenant de l'accompagner et de le soutenir tout au long de ce chemin vers lʼautonomie et vers son plein épanouissement.

 

Suivant lʼâge auquel votre enfant est diagnostiqué, vous pourrez lui expliquer, dialoguer avec lui et trouver les mots adaptés à son âge autour de ce diagnostic pour lʼaider à sortir dʼun éventuel isolement et à mieux vivre le sentiment d'être différent. Les rééducations sont longues et variées, il est absolument nécessaire qu'il soit preneur de ces rééducations. En effet, on ne peut rien faire sans la volonté de l'enfant.

 

Nʼoubliez pas que dans lʼunivers de la dyspraxie, les objets peuvent se révéler de cruels ennemis. Chaque jour devient donc le théâtre dʼune lutte invisible et dʼune victoire sur ce cerveau qui parfois nous joue des tours.

Votre travail consiste à faciliter la vie quotidienne de votre enfant plutôt que de le contraindre à se conformer à une norme qui n’est pas faite pour lui.