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Le TDAH

Souvent réduit au terme "hyperactivité" ou à des enfants turbulents, le trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) est pourtant un trouble complexe, difficile à repérer et qui associe différents symptômes. Le prendre en charge est essentiel pour les enfants et adolescents qui en souffrent au quotidien. 

Vivre au jour le jour avec un enfant ou un adolescent ayant un Trouble Déficit de l'Attention / Hyperactivité et préparer son avenir, c’est affronter des défis incessants, épuisants et souvent démoralisants.

Définition du TDAH

Le trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité  (TDAH) est un trouble neuro-développemental chronique qui apparaît durant l’enfance et qui concerne de 3,5 à 5,6% des enfants d’âge scolaire en France. 

 

Les causes du TDAH

Le TDAH n'est la «faute» de personne. Ce trouble est lié à des anomalies de développement et de fonctionnement du cerveau. La recherche montre que le TDAH semble résulter d'une insuffisance de substances chimiques cérébrales spécifiques (neurotransmetteurs) qui aident le cerveau à organiser et à régir la pensée et le comportement.
Comme 30 % à 40 % des personnes auxquelles on a diagnostiqué un TDAH ont des membres de leur famille qui souffrent du même trouble, on pense que les gènes sont au moins partiellement impliqués dans le processus. 

Le TDAH n’est pas causé par des besoins affectifs non comblés ou par des problèmes psychosociaux, même s’il peut être exacerbé par ces facteurs. Bien que les parents, les enseignants et les conjoints ne soient pas la cause du TDAH, ils peuvent avoir une très forte incidence sur la capacité de la personne touchée à faire face à son trouble. 

 Il n’y a pas non plus de lien entre le TDAH et l’intelligence de la personne.

Les personnes souffrant d’un TDAH ont des difficultés d’attention et/ou  d’impulsivité et d’hyperactivité qui affectent différentes sphères de leur vie (sociale, scolaire et professionnelle). Ce trouble se présente plus souvent chez l’enfant que chez l’adulte mais il persiste à l’âge adulte dans 65% des cas des enfants qui en sont atteints. On estime à environ 4% la prévalence de ce trouble chez la population adulte. Le TDAH n’est pas plus fréquent chez les garçons que chez les filles mais il se manifeste différemment : en général, les garçons présentent davantage d’hyperactivité et d’impulsivité tandis que les filles démontrent plus d’inattention.

 

Manifestations du TDAH,  la règle des trois :

Le TDAH est souvent réduit à l’expression « hyperactivité » induisant qu’il ne s’agit que d’enfants agités ou turbulents. Il s’agit au contraire d’un trouble qui associe 3 symptômes dont l’intensité et les manifestations varient selon la personne :

 

Trois caractéristiques : 

 

L’inattention :

Prête difficilement attention aux détails;

A du mal à soutenir son attention (cours, lectures, conversation);

Ne semble pas écouter quand on lui parle;

Ne se conforme pas aux consignes et ne termine pas ses tâches;

Éprouve de la difficulté à planifier et à s’organiser au quotidien (travaux ou activités);

Évite ou fait à contrecœur les tâches qui demandent un effort mental soutenu;

Perd ses objets (notes de cours, agenda, livres, clés);

Est facilement distrait par des stimuli externes;

Fait des oublis fréquents (rendez-vous, rencontres).

 

L’hyperactivité :

Remue souvent les mains et les pieds, bouge sur son siège;

A de la difficulté à rester assis;

Court et grimpe (chez l’adulte : bougeotte);

A de la difficulté à rester tranquille (travail et loisirs);

Est souvent « sur la brèche », ou survolté;

Parle trop.

 

L’impulsivité :

Répond aux questions avant qu’elles ne soient formulées;

Arrive difficilement à attendre son tour;

Interrompt souvent les autres ou impose sa présence (fait irruption dans les conversations).

 

Trois conditions indispensables : 

En décalage avec les enfants de son âge

Symptômes présents avant l’âge de 5 ans

Symptômes présents dans toutes les situations
 

Trois sous-types, le degré de difficultés occasionné peut varier de léger à sévère selon les enfants

Type 1 : « hyperactif-impulsif » prédominant

Type 2 : « inattentif » prédominant

Type 3 : « combiné ou mixte », la majorité des enfants

A savoir : Le défaut de prise en charge adaptée et précoce de cette pathologie peut avoir des conséquences sévères car le Trouble Déficit de l’Attention / Hyperactivité (TDAH) persiste à l’adolescence et à l’âge adulte  dans environ 60% des cas. 

 

Les études à long terme montrent les personnes atteintes abandonnent davantage l’école (32%-40%), accèdent moins aux études supérieures (22%-77%), ont peu ou pas d’amis, perdent plus facilement leur travail ( 55%-23%), commettent plus d’actes antisociaux, ont un risque plus élevé : d’usage de tabac (à 17 ans 46% des jeunes TDAH contre 24% des non TDAH), fument plus tôt (15,5 ans au lieu de 17,4 ans) et sont plus souvent alcooliques.

Mais également, les jeunes qui grandissent avec le TDAH ont davantage de grossesses précoces, sont plus touchés par des maladies transmises sexuellement, ont plus d’accidents de voiture et conduisent plus rapidement, sont plus vulnérables à la dépression, aux troubles de la personnalité à l’âge adulte.

 

Le rôle des fonctions exécutives 

Un grand nombre d’études ont démontré, chez les personnes atteintes d’un TDAH, un déficit de certaines fonctions exécutives, c’est-à-dire des processus cognitifs liés à la planification, à la pensée abstraite et au contrôle cognitif. Chez les personnes ayant surtout des symptômes d’inattention, on observe  une lenteur dans l’exécution d’une tâche (ex. : difficulté à terminer une tâche, à se concentrer et perte fréquente d’objets). Par contre, si l’hyperactivité ou l’impulsivité domine, il s’agit plutôt d’un déficit d’inhibition (ex. : incapacité à patienter dans une file d’attente ou tendance à répondre trop rapidement à une question d’examen occasionnant des erreurs).

Le modèle de  Thomas E. Brown (2005) précise que le problème concerne l’activation et le maintien de six fonctions exécutives importantes : l’activation, le focus, l’effort, la régulation des émotions, la mémoire et l’action. Selon ce modèle, les individus ayant un TDAH seraient aptes à exercer adéquatement chacune de ces fonctions de base mais dans certaines conditions (ex. en cas d’urgence ou si engagé dans une activité ayant un niveau d’intérêt immédiat). Le Dr Annick Vincent (2005) abonde dans le même sens : « Le TDAH n’est pas un manque d’attention mais bien une difficulté à moduler, à freiner et à inhiber.»